Introduction

Au XVIIe siècle, le colportage des almanachs a augmenté tandis que l’almanach est devenu un calendrier plein de conseils de comment vivre. Les almanachs populaires étaient les premiers modèles des calendriers de poche du peuple. Puis, il y a eu une émergence des almanachs dédiés à des publics spécifiques, comme, par exemple, les dames de la noblesse. Dans les almanachs des XVIIe et XVIIIe siècles, le calendrier était une caractéristique qui définissait l’almanach et l’astrologie du calendrier était une clé principale du calendrier. La présence de l’astrologie pourrait sembler étrange dans les almanachs français du XVIIe siècle, parce que c’était une époque très chrétienne en France et l’astrologie rappelle des thèmes plus païens que chrétiens. De plus, l’astrologie semble faire contraste avec l’expansion de la science et de la raison pendant cette période. Comment est-ce qu’une société de raison pourrait croire aux prédictions des astrologues selon la position des étoiles ?

En analysant la présence de l’astrologie dans les almanachs, d’abord il faut distinguer les astronomes et les astrologues. Les astronomes étaient ceux qui étudiaient la science de l’astronomie pendant que les astrologues étaient ceux qui croyaient que la position des étoiles et des planètes déterminait les évènements. Les deux font partie des almanachs, mais le rôle de l’astrologie dans les almanachs est moins clair. L’usage de l’astronomie pour le développement des calendriers précis n’a pas besoin de justification, mais quel était la fonction de l’astrologie vis-à-vis de la vie en France pendant les XVIIe et XVIIIe siècles ? Est-ce que la noblesse a simplement employé l’astrologie des almanachs comme un divertissement sans vérité ? Où est-ce qu’il y avait de vraies croyances dans les superstitions ?

L’astrologie était non seulement une tentative pour connaître l’avenir, mais elle faisait aussi un lien entre la terre et le ciel, ce qui était essentiel pour la foi chrétienne (Drévillon 12). Dans l’introduction de la fameuse bibliographie-iconographie de John Grand-Carteret, on trouve une description du changement de l’astrologie :

« …l’astrologie du XVIIe siècle s’est transformée en une sorte de diseuse de bonne aventure, s’amusant à prédire les destinées, à prononcer des oracles, à tirer des horoscopes, se cantonnant dans le domaine des prophéties galantes ou demandant aux songes des résultats pratiques, pour le choix des numéros de loteries » (Grand-Carteret XXXVI).

On pourrait voir qu’il y avait un développement de l’astrologie d’un art très pratique en un art de divertissement et amusement, sauf que le divertissement a toujours gardé un ton sérieux dans la vie. Ce développement de l’astrologie est bien visible dans les almanachs. Malgré les suspicions au sujet des prédictions astrologiques qui étaient trop politiques, l’astrologie a occupé un rôle très respectable dans la culture des XVIIe et XVIIIe siècles comme un art de prédiction qui se mélangeait très bien avec les idéaux religieux de l’époque.

« Le Grand Calendrier et compost des bergers. »

Couverture.

« Le grand calendrier et compost des bergers. » V. L. Costé (éditeur).

Grand Calendrier et compost berger.

Couverture.

Comme premier exemple d’un almanach dans lequel l’astrologie était un thème principal, on trouve deux images du Grand Calendrier et compost des bergers à gauche. La première image est la couverture de l’almanach, et la deuxième image montre un exemple de l’astrologie dans l’almanach. Aux XVIe et XVIIe siècles, il y a un commencement de colportage des almanachs annuels (Bollème 18). L’almanach est devenu un objet souvent possédé par le peuple. Un almanach très connu, le Grand calendrier et compost des bergers, était imprimé pour la première fois en 1489. Il y avait plusieurs versions de cet almanach, qui fonctionne comme un modèle très connu des almanachs populaires. Cette édition à gauche était publiée au XVIIe siècle et il était destiné aux bergers, comme beaucoup des almanachs populaires donnaient des conseils aux agriculteurs. Alors, cet almanach contient l’astrologie des bergers et la fortune des colporteurs, ce qui montre la nature mercantile de l’astrologie (Drévillon 13). Dans les almanachs populaires, les thèmes de la nature et de Dieu régnaient.

« Le Grand Calendrier et compost des bergers. »

Cycle solaire.

« Le grand calendrier et compost des bergers. » V. L. Costé (éditeur).

Cycle solaire.

Les calendriers des almanachs populaires ont guidé la vie du peuple, particulièrement des agriculteurs. (Bollème 18-20). Les almanachs étaient d’abord des calendriers, alors ils avaient souvent des informations très pratiques. Cette image dans Le Grand Calendrier et compost des bergers montre le cycle solaire, le cycle lunaire, et l’épacte pour chaque année, ce qui est le nombre des jours entre l’année lunaire et l’année solaire. Cette information est souvent importante pour connaître le jour de Pâques.

Le cycle solaire et le cycle lunaire sont des aspects astrologiques des almanachs qui servent à transmettre des informations très pratiques. Il n’y a rien de superstitieux dans ce type d’astrologie.

 

Introduction